Jocelyn, à deux jours du premier match officiel de la saison face à Grenoble comment sens-tu les choses?
J'ai confiance en eux. C'est la première chose et c'est primordial. Ils ont répondu à tout ce qui leur avait été proposé pendant la préparation en étant très pros, en étant très investis dans ce qui était fait. Je pense que les contenus ont été bons par rapport à ce qu'on proposait et puis surtout j'ai ressenti du plaisir dans ce qu'ils faisaient. Cela s'est traduit par de bons matches de préparation. Il y a du répondant donc j'ai vraiment confiance dans le groupe qu'on a. Il sera peut-être amené encore à bouger mais en tout cas j'ai confiance dans les joueurs qu'on a.
Justement avec deux nuls, une défaite puis deux victoires lors des matches de préparation ont a senti une montée en puissance. Es-tu d'accord avec cela?
Oui, on a plutôt fait des matches pleins. On a seulement été battu logiquement par Lorient qui était beaucoup plus fort et on a su, sur les deux matches suivants, corriger les erreurs que l'on avait faites contre Lorient. Au-delà des résultats je trouve que le contenu a été plutôt bon. Sur ce que je voulais mettre en place sur le plan tactique les joueurs ont assez vite répondu, assez vite assimilé. Maintenant, il faudra que ça se perfectionne mais la base est déjà intéressante.
Tu entraînais jusqu'à présent des joueurs amateurs à La Roche-sur-Yon. Qu'est-ce que ça change d'entraîner des pros?
Pour moi c'est plus facile car on peut être plus exigeant. Il faut s'adapter beaucoup plus chez les amateurs car on a des joueurs qui travaillent ou qui sont étudiants et qui ont des choses à gérer dans la journée avant de s'entraîner le soir. Il faut s'adapter beaucoup plus. Là, ce sont des professionnels. Il y a un devoir de comportement d'abord et puis d'efficacité parce que c'est la compétition, parce que c'est la concurrence. Et donc on peut être plus exigeant. Je m'impose à moi-même une certaine exigence dans le travail. C'est pour ça que je demande la même chose aux gens avec qui je travaille. Que ce soit mon staff technique, mon staff médical mais surtout les joueurs. Ils font un métier difficile. Il ne faut pas croire que c'est un métier facile. De l'extérieur les footballeurs sont souvent dénigrés. C'est un métier difficile qui est très exigeant. C'est un super métier. Certes, à un certain niveau les joueurs gagnent bien leur vie mais c'est un métier difficile dans lequel il faut sans arrêt faire ses preuves. Moi, je considère que quand on veut que des joueurs soient bons et répondent présents sur la durée, il faut être exigeant.
Après une préparation sérieuse, Jocelyn Gourvennec et ses joueurs entrent dans le vif du sujet ce vendredi à Grenoble pour le compte du 1er tour de Coupe de la Ligue.
Durant ta carrière de joueur tu as joué à Lorient, Rennes et Nantes. Depuis deux mois tu découvres Guingamp un autre club breton.
Guingamp a une très bonne image de l'extérieur. Je trouve qu'à l'intérieur c'est un club qui est structuré, qui a des infrastructures. L'ensemble des salariés et des bénévoles du club sont vraiment attachés au club et les joueurs se sentent bien ici. Alors c'est vrai qu'il y a peut-être moins de pression qu'ailleurs mais ceci dit il y a quand même de vraies valeurs. Il y a eu parfois la saison dernière au stade le double du nombre d'habitants de la ville ce qui est assez incroyable. Je n'ai gagné dans ma carrière qu'une seule fois à Guingamp que ce soit dans les équipes de jeunes ou chez les pros. Pour moi, cela a toujours été compliqué de venir jouer à Guingamp. Cela l'a été un peu moins dans un passé récent donc je veux que pour les équipes adverses ça soit compliqué de venir jouer à Guingamp.
Ce match de Coupe de la Ligue est-il un vrai objectif pour ton équipe?
Il y a intérêt financier pour le club en Coupe de la Ligue. Sur le plan sportif j'ai vraiment en tête le match de Rouen. Il faut vraiment qu'on prépare ça le mieux possible tout en étant le plus déterminé et le plus relâché possible pour affronter Rouen et je considère que faire un bon match à Grenoble et aller choper une qualification à Grenoble serait très intéressant pour la confiance du groupe. On ne sera pas dépaysé parce qu'on a joué que des L2 et L1 durant notre préparation. J'aurai souhaité qu'on puisse jouer au moins une équipe de National mais cela n'a pas été possible du fait du changement de calendrier.
Quel est ton sentiment envers cette équipe iséroise qui vient de descendre en Ligue 2?
Grenoble est une équipe qui a mis énormément de joueurs à l'essai pendant toute la préparation. Mecha Bazdarevic cherche la formule manifestement. Ils n'ont pas beaucoup de joueurs sous contrat en ce début de saison. Peut-être que nous on saura profiter du fait qu'on s'est rassuré sur nos matches de préparation.
Jocelyn, peut-on dire que l'équipe qui débutera vendredi au Stade des Alpes ressemblera fortement à celle que tu aligneras face à Rouen?
Pas forcément parce que les matches sont toujours différents. Les matches à l'extérieur sont toujours différents des matches à domicile. J'ai vraiment envie qu'on aille gagner à Grenoble. Mais ce n'est pas parce qu'on va aller gagner à Grenoble avec une formation que ça sera forcément la même contre Rouen. Ça ne sera pas forcément non plus le même dispositif. J'ai déjà étudié les deux équipes. Ce sont deux profils différents donc peut-être que je m'adapterai aussi.
Lundi, tu as eu l'occasion de rencontrer les supporters lors de la présentation de l'équipe. Qu'as-tu à leur dire à deux jours du début de la compétition?
Je n'avais jamais connu ça ailleurs, une présentation au public dans le stade avec du monde comme ça. J'ai trouvé ça très positif, très convivial aussi. J'espère qu'on saura faire revenir les gens qui sont un peu hésitants ou qui ne veulent pas forcément se réabonner. J'ai envie de dire à nos supporters qu'ils ont un groupe de joueurs qui est très respectueux du club et du public. On en a parlé ensemble. Il faut simplement maintenant qu'on le traduise de manière régulière sur le terrain et dans le championnat. Je souhaite vraiment qu'il y ait à nouveau du dynamisme et un élan de connivence entre le public et son équipe et en tout cas on travaille pour ça.